Les Souvenirs du Football et la Tentation naissante

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Résumé de cette Histoire :

Damien, ancien footballeur professionnel reconverti en ouvrier du bâtiment, est père célibataire épuisé par sa journée de travail. Alors qu’il se repose chez lui, une groupe de mères d’élèves et des membres du club local de foot pour enfants le sollicitent pour devenir manager de l’équipe des moins de 8 ans de son fils Grégory. Malgré ses réticences, ses anciens exploits sportifs refont surface à travers des rencontres avec des connaissances du passé. Des souvenirs nostalgiques et une attirance naissante pour Coralie, mère d’un joueur potentiel, éveillent en lui de nouvelles perspectives.

Pourquoi cette histoire va vous captiver :

Plongez dans le quotidien d’un ancien champion brisé par les blessures et la vie, redécouvrant la passion du foot à travers les yeux innocents de son fils. Les retrouvailles inattendues ravivent une gloire oubliée, tandis qu’une tension sensuelle avec Coralie fait naître un désir interdit. Nostalgie, paternité et tentation se mêlent pour une lecture émouvante et addictive, où chaque page révèle les luttes intimes d’un homme au bord du renouveau.

Voici votre Histoire : Les Échos du Ballon et le Désir naissant

Allongé sur le canapé avec le journal du soir, ce n’était pas l’idée que tout le monde se faisait d’une vie idyllique. Ce n’était pas la mienne non plus, mais j’étais crevé après une longue journée étouffante sur le chantier. Je n’avais pas changé de vêtements, j’étais couvert de poussière de la tête aux pieds, alors le canapé me convenait parfaitement. J’avais les enfants les soirs de la semaine, pendant que mon ex bossait de nuit au bistrot du coin. Mon fils, Grégory, sept ans, était allé à son premier entraînement avec le club de foot local. Ma fille, Camille, neuf ans, était chez sa copine, à faire Dieu sait quoi. Je me plongeais dans un article croustillant sur la corruption gouvernementale quand on a frappé à la porte d’entrée. « C’est qui, bordel ? » ai-je marmonné en me décollant du canapé.J’ai ouvert la porte et je suis tombé sur une bande de nanas. J’ai regardé l’une après l’autre. Un ours n’aurait serré aucune d’elles dans ses bras. La plus imposante a pris la parole. « Vous êtes Damien ? » a-t-elle lancé, plus en exigence qu’en question. « Non. » « Grégory Lambert, c’est votre fils ? » a-t-elle demandé, ignorant ma réponse. « Non, j’en ai jamais entendu parler », ai-je dit. « Oh, désolée. On s’est trompées d’adresse. » Elles sont reparties et j’ai refermé la porte. Je suis allé à la cuisine, en me disant que j’allais me faire à bouffer. J’ai ouvert le frigo et sorti des restes de lasagnes pour les passer au micro-ondes. Nouveau coup à la porte. Je l’ai ouverte, les lasagnes encore à la main. C’était la bande des moches. « Quoi, encore ? » ai-je demandé. « Vous êtes Damien Lambert. Grégory nous l’a dit. » « OK, il est puni », ai-je dit. « Vous nous avez menti. » « Ben tirez-moi dessus », ai-je répliqué. « Comme si vous aviez jamais menti. Bon, qu’est-ce que vous voulez ? » « Le manager de l’équipe doit arrêter à cause de son boulot », a-t-elle expliqué. « Votre Grégory a dit que vous prendriez la suite. » « Il a sept ans », ai-je dit. « Il dirait n’importe quoi pour un chocolat. » « Ben ils sont tous sur le terrain, ils vous attendent. » « J’en suis pas », ai-je dit. « Certains d’entre nous bossent pour vivre, vous savez. » « Faut bien, y a personne d’autre. » « Vous payez combien ? » ai-je demandé. « Rien, c’est bénévole. » « Ouais. Dégagez et trouvez un autre volontaire. J’étais sur le point de bouffer. »Un type en béquilles a peiné dans l’allée et les nanas lui ont laissé la place pour arriver à la porte. Il portait un sac en plastique avec un ballon de foot blanc dedans. « Salut, Damien ? » a-t-il dit. « Je suis Pierre Brun, bienvenue au club. » « Pierre, y a un malentendu, j’y connais que dalle en foot », ai-je dit. « J’arriverais même pas à décoller de la neige d’une corde. » La bande des moches écoutait notre conversation. Je les ai regardées. « Vous pouvez dégager ? » ai-je presque crié. « On discute en privé, là. » Elles ont quitté le jardin et se sont regroupées au portail. J’ai fait entrer Pierre. « Je sais qui vous êtes », a-t-il dit. « Non, vous savez pas. » « Vous êtes Damien Lambert », a-t-il insisté. « Red Star, Racing, PSG, Auxerre. » « Comment vous savez ça ? » ai-je demandé. « Vous vous rappelez le match contre United à Carrington, y a quinze ans ? C’était les réserves. » « Non. » « Vous avez mis deux buts à Fabien Barthez », a-t-il dit avec un sourire satisfait. « Non, j’en ai mis trois. » « C’était deux. » « Pierre, c’était trois, putain », ai-je dit. « Le troisième, un coup franc de loin. Coin supérieur gauche ? » « Non, c’était pas vous. J’y étais. » « Vous avez une minute ? » ai-je demandé. « Oui. » Je suis monté chercher un journal dans une boîte de rangement de ma chambre. Je l’ai descendu, déplié et tendu pour qu’il lise. « Voilà le compte-rendu dans L’Équipe », ai-je dit. « Lisez. » « *Le grand espoir blanc de Guy Roux*. Ah oui, je m’en souviens maintenant. Qu’est-ce qui t’est arrivé là-bas ? » « J’allais bouffer, Pierre. Tu veux bien dégager, merde ! » « Et les gosses ? » a-t-il demandé. « Quoi, les gosses ? » « Tu peux pas les laisser plantés sur le terrain. » « C’est votre problème, Pierre. J’ai pas signé pour ça. » « Je sais. C’est comme ça qu’on se fait tous embarquer. » « Écoute, je suis crevé et crasseux après le taf », ai-je dit. « Je fais pas ça aujourd’hui. Va leur faire taper dans le ballon et je m’en occupe jeudi, une heure. Si vous trouvez un vrai manager d’ici là, tant mieux. Je peux pas m’engager. » « Super. Merci, Damien. À jeudi. » « Pourquoi les béquilles ? » ai-je demandé. « Mes genoux sont niqués », a-t-il dit. « J’attends deux neufs sur liste d’attente. »

Les souvenirs refont surface

Il est parti et je l’ai vu rejoindre les gosses. Ils le connaissaient tous comme M. B et il leur montrait quoi faire en agitant ses béquilles comme un chef d’orchestre. Ça m’a rappelé Jean Sorel quand j’étais gosse, qui faisait exactement pareil et obtenait la même réaction. Ça m’a remué les tripes. J’ai vu des gens venir lui serrer la main, il parlait aux mamans avec leurs gosses en quête de conseils ou d’infos. On voyait qu’il adorait ça. Il est resté plus d’une heure avec eux, finissant par un cercle autour de lui, captivés par ses paroles. Il pointait parfois ma maison et sa montre avant de filer le ballon à Grégory et de rentrer de l’autre côté du ruisseau qui donne son nom à Bonnybrook. Grégory est rentré, surexcité. Il parlait sans arrêt de M. B et des deux buts qu’il avait marqués. Je me demandais si j’avais déjà été aussi enthousiaste, mais il était aux anges. De la fenêtre, je voyais mon père en lui. Des années sur le bord de touche un dimanche après-midi, à le regarder faire son show à l’aile gauche, avaient gravé sa silhouette et son style dans mon cerveau. Grégory avait exactement la même morphologie. Tous les deux gauchers et bien affirmés. La seule différence, à mon avis, c’est que mon père s’était appris à jouer des deux pieds. Faudrait que je l’apprenne à Grégory.J’ai passé les lasagnes au micro-ondes et apporté une assiette à Grégory. Il a fait une tête comme si je l’avais descendu. « J’aime pas ça, papa. Je peux avoir des gaufres ou un truc ? » « Putain, Grégory. Ça va pas te tuer d’en manger une fois. » « Tu vas être manager ? » a-t-il demandé. « J’sais pas. » « M. Brady a arrêté à cause d’un nouveau boulot », a-t-il dit. « C’était un super manager. Il a joué à Bonnier quand il était jeune. Il sait tout sur le foot. » « Ah ouais ? » ai-je dit pour le ménager. « Oui. T’as joué où, toi, papa ? » « Va chercher Camille en bas », ai-je dit en éludant. « Elle a des devoirs. Je te fais des gaufres pendant ce temps. »J’ai nourri les gosses et rangé la maison. Grégory avait balancé son sac de foot dans un coin de la cuisine, alors je l’ai ramassé et ouvert. J’ai sorti les crampons, crottés de boue séchée incrustée dans les crampons et entre les semelles. Je les ai apportés là où il était, en train de se curer le nez et de grignoter un biscuit. « Grégory ! Putain, regarde-moi ces pompes dans quel état. Bouge ton cul et nettoie-les. » « J’peux pas. C’est trop dur. » « Si je suis manager, y aura des règles », ai-je dit. « Une, c’est les crampons propres. Si t’arrives à l’entraînement ou au match avec ça, t’es viré de l’équipe. » « Mais personne nettoie ses crampons », a-t-il geint. « J’ai hâte d’être à jeudi, maintenant », ai-je dit. « J’monte, dérangez-moi pas. » « Tu fais quoi ? » a-t-il demandé. « Je vais noter quelques règles. »Vers 20 heures, coup à la porte. J’ai ouvert sur un vieux avec un feutre sur la tête. Il m’a tendu la main. « Je suis Bernard Juge, président de Bonnybrook Boys », a-t-il dit. Le nom me disait vaguement quelque chose, j’ai serré la main. « Entre, Bernard », ai-je dit en ouvrant plus grand pour qu’il passe avec son gros sac de matos. On est allés à la cuisine. « Thé ? » « J’préfère le café », a-t-il dit avec un clin d’œil. « C’est dans le placard, la bouilloire là-bas », ai-je dit. « Débrouille-toi. » « T’as pas changé, Dami. » Ça faisait une paye qu’on m’avait pas appelé Dami. Je l’ai regardé de près, sans le reconnaître. « Tu te rappelles pas, hein ? » a-t-il dit. « Non, désolé Bernard, non. » « Jean Ogier et moi, on a essayé de te signer quand t’étais gosse. » « Je me souviens de Jean. Bon gars. » « Ouais, mais tu lui as dit d’aller se faire foutre, non ? » « Il m’en a pas voulu. » « On aurait tout raflé si t’avais signé chez nous. » « J’ai tout raflé, Bern », ai-je dit. « En ligue 1. Vous, vous étiez en National au mieux. » « Qu’est-ce qui t’est arrivé à Auxerre, Dami ? » a-t-il demandé. « J’ai pas envie d’en parler. » « J’ai entendu dire que t’avais un problème d’alcool. » « Ah ouais ? Qui t’a dit ça ? » ai-je demandé. « J’me souviens plus. »Je me suis assis et je l’ai regardé. Peut-être que c’était pas si secret. Il a fermé la porte de la cuisine, rapproché sa chaise et posé la main sur mon genou. « Tu vas aux réunions, fiston ? » a-t-il demandé doucement. « Parfois, quand j’peux. » « T’es le bienvenu aux miennes si t’en as besoin. » « Merci, Bern. Pour l’instant, non. » « Je comprends », a-t-il dit. « Mais si ça te reprend, voilà mon numéro. » Il m’a tendu une carte et j’ai serré sa main. « Merci, Bernard, j’apprécie. Et ce sac crado que t’as traîné chez moi, c’est quoi ? » « Du matos », a-t-il dit. « J’ouvre pas maintenant, juste des ballons et trucs pour l’entraînement. J’ai hâte de voir cette équipe, si elle joue comme toi à l’époque. » « Ils ont sept ans, Bernard. Laisse-les en profiter un peu. » Il m’a transpercé du regard. « J’ai encore plus hâte de te voir sur le banc », a-t-il dit. « T’étais un petit con bien remonté, jeune. » « Personne aime perdre, Bernard, moi surtout pas », ai-je dit. « Bois ton putain de café, maintenant. » Il a ri et bu une gorgée. « Tu ferais un bon comité, tu sais. » « Ouais, et les cochons pourraient voler. » « T’as gardé tes sélections ? » a-t-il demandé. « J’en ai quelques-unes, la plupart chez mes parents. » « Celle du match contre la Hollande, ton triplé ? » « J’sais pas, peut-être. Pourquoi ? » « J’y étais. T’étais génial », a-t-il dit. « Moi, je l’encadrerais avec le compte-rendu de l’Indo. » « J’ai jamais vu ça », ai-je dit. « J’ai une copie chez moi, si tu veux. » « Oh putain oui, Bernard, ce serait top. » « Entraînement jeudi à quelle heure ? » a-t-il demandé. « M. B gère ça. » « Je passerai gueuler un coup. » « À jeudi », ai-je dit. « Mais gueule pas d’insultes. » « On pourrait vendre des billets, Dami. » « J’veux la moitié, Bernard. Maintenant dégage de chez moi. » « La petite femme est où ce soir ? » a-t-il demandé en se levant. « Partie depuis un bail, Bern », ai-je dit. « Tu vois le topo, j’suis sûr. » « Désolé d’apprendre ça. »

Rencontres inattendues

Il est parti et j’ai ruminé la conversation un moment avant de l’envoyer balader. Le passé, c’était le passé. J’ai rassemblé les gosses, couchés, et éteint la télé pour écouter la radio. À 21 h 30, nouveau coup à la porte. J’ai ouvert sur une jeune femme tenant la main d’un petit garçon. « Vous êtes le nouveau manager des moins de 8 ans ? » a-t-elle demandé. « C’est ça, mais j’ai pas encore signé. » « Y a de la place pour un de plus ? » « Lui ? » ai-je dit en pointant le petit maigrelet à la bouche boudeuse. « Oui, Gautier. » « Plein de place. Vous vous appelez ? » « Coralie. » Je lui ai serré la main. « Enchanté, Coralie. Oui, plein de place. Je m’en occupe jeudi. Vous l’amenez ? » « Oui, moi ou mon père. Sans doute mon père, il vous connaît. » « Il s’appelle ? » ai-je demandé. « François Demers. » « Je me souviens de François », ai-je dit. « Bon joueur. » « Il joue encore. » « Pour qui ? » « Stade Bordelais. » « Jamais entendu parler, Coralie », ai-je dit. « Personne en a entendu parler, mais j’ramène Gautier à la maison, Damien », a-t-elle dit. « Il lui faut un truc pour l’entraînement ? » « Juste des crampons propres et un bon état d’esprit », ai-je dit. « Sans ça, pas d’entraînement. » Elle a éclaté de rire. « Mon père a dit que vous seriez un nazi pour les crampons sales. » « OK, à jeudi, Coralie. »Je suis monté vérifier que mes deux petits nazis étaient bien bouclés. Grégory m’a intercepté en haut des escaliers. « Gautier Demers, c’est le meilleur de l’école, papa », a-t-il dit, excité. « Pourquoi vous l’avez pas amené avant ? » ai-je demandé. « Son père a dit que M. Brady était un con. » « C’est quoi, un con, Grégory ? » ai-je demandé en retenant un rire. « J’sais pas, mais ça doit être grave. » « C’est quelqu’un qui se branle, papa », a lancé Camille de sa chambre. J’ai failli faire une attaque, puis j’ai pété de rire. « OK, mes gosses, au lit, que je chope un peu de calme. » « Tu vas faire les équipes pour l’entraînement ? » a demandé Grégory. « On verra d’abord qui a les crampons propres », ai-je dit. « Y en aura peut-être pas assez pour un match, Grégory, toi y compris. »Il a filé au lit et je suis allé dans la chambre d’amis où je stockais mes vieilleries inutiles. Quelque part dans le tas, je savais qu’il y avait des paires de crampons de mes années de jeu. Ça m’a pris un moment, mais j’ai trouvé le sac. J’ai jeté un œil dedans, content de mon coup, et descendu au salon. J’ai étalé des journaux par terre pour protéger la moquette et vidé le sac. L’odeur de graisse m’a ramené aux vestiaires d’Auxerre et une mélancolie que j’avais combattue des années m’a titillée le cerveau. Je l’ai chassée et j’ai apparié les chaussures. J’ai inspecté chaque millimètre, elles étaient encore souples. Des crampons pro fournis par les sponsors aux clubs français. J’ai pris ma paire préférée, la tourné dans mes mains, noyé dans la nostalgie. Je me rappelais la sensation quand elles étaient neuves, dans leur boîte. La première fois que j’avais étalé de la graisse pour protéger le cuir et l’adoucir. Elles étaient nouvelles sur le marché, Puma nous les avait filées. Une belle rayure Puma blanche sur le côté, légères, on avait l’impression de tout pouvoir faire avec un ballon. Mon nom gravé en blanc sur la voûte plantaire, ça me faisait encore sourire quand je repensais à Guy Roux qui disait qu’on nous traitait comme des bébés.Je les ai remises dans leur housse et pris une autre paire. Également nickel. Des Power Points noirs unis que j’aimais plus que la bière et le sexe. Les premiers crampons qui m’avaient fait baver. À la pointe à l’époque avec leurs semelles vissées pour plus d’accroche sous la pluie. Et ce bruit de clac satisfaisant sur le dur. Toujours impeccables et souples. Je les ai essuyés, enlevé le papier journal dedans et glissé mon pied gauche dans l’une. J’ai fléchi, souri. Mon père avait rarement tort. L’autre pied pareil. J’avais envie de courir avec un ballon. J’étais heureux l’espace d’un instant. C’étaient celles-là. Pas flashy par les standards actuels, mais solides, d’une époque où tout avait de la valeur. Je les avais achetées moi-même avec mon salaire d’apprenti électricien, après un mois d’économies. Première sortie contre Belfort à la préfecture, j’avais été monstrueux. Avec Joël Rémy, on avait défoncé leur défense. 6-1, cinq buts entre nous, quatre pour moi. Je les mettrais pas à l’entraînement, j’ai choisi des Adidas. Pas fan d’Adidas, mais efficaces et confortables. Parfaites pour rester debout, avec une languette qui dépasse sur les lacets.Le lendemain, en rentrant du taf, je me suis arrêté au centre commercial d’Aulnay pour acheter de quoi faire des spaghettis bolognaise à Camille. Grégory voulait encore des gaufres. À la caisse, Coralie m’a croisé. « Salut, Damien, tu fais tes courses tout seul ? » a-t-elle demandé. « Ah, Coralie. Oui, sinon on crève de faim. » « Ta femme fait pas ? » a-t-elle demandé. « J’suis sûr qu’elle fait », ai-je dit. « Si tu la croises, demande-lui. » « Oh. J’ai gaffé ? » « T’avais pas à savoir, Coralie », ai-je dit. « On s’est séparés y a un moment, c’est OK. » « Désolée », a-t-elle dit en partant. « À demain pour l’entraînement. » Elle a couru rattraper une petite fille avec elle et m’a laissé finir.J’ai payé et quitté le magasin. Il me fallait des clopes, je suis descendu au tabac du coin. En sortant, j’ai percuté Coralie, littéralement. Nos sacs ont valsé et on a ramassé. « Faudra arrêter de se croiser comme ça, Coralie », ai-je dit en riant. « Tu sais vraiment balayer une fille de ses pieds », a-t-elle dit en remettant ses longs cheveux blonds en place. « On dirait que j’suis doué pour les faire tomber aussi, Coralie », ai-je dit. « Désolé, mais regarde où tu vas. » « Peut-être bien », a-t-elle souri. « Laisse-moi porter ça, je te ramène en voiture », ai-je dit, et elle m’a remercié. « Mon père dit que t’as joué à Auxerre, c’est vrai ? » a-t-elle demandé en marchant vers le parking. « Oui, un moment, jusqu’à la blessure. » « Quoi s’est-il passé ? » « Un de ces trucs qui arrivent », ai-je dit. « Une faute mal timed, une mauvaise chute, le genou qui pète. Rien de méchant, personne en tort. Classique. » « Quel genou ? » a-t-elle demandé. « Le gauche. » « Tu peux encore jouer ? » « Oui, en courtes sessions », ai-je dit.On est arrivés à la voiture, j’ai ouvert le coffre pour ses sacs. Je l’ai tenu ouvert, elle s’est approchée et a touché mon visage. « T’as l’air un peu triste, Damien », a-t-elle dit. « Pas vraiment, Coralie », ai-je dit. « Juste fatigué. La tristesse vient par vagues, mais pas là. » « T’as quelqu’un ? » a-t-elle demandé. « Qui voudrait de moi ? » ai-je dit en riant sans conviction. « J’en connais quelques-unes. » J’ai ri encore. « T’es marrante, Coralie. » « J’suis sérieuse », a-t-elle dit. « Quelques copines m’ont posé des questions sur toi. » « Ah ouais ? Leurs numéros ? » ai-je dit en riant. « Non. J’veux te garder pour moi. » Elle m’a embrassé. Au parking du centre commercial d’Aulnay, 16 h 50, en plein jour. Alors je l’ai embrassée en retour. « Rentrons-toi », ai-je dit vite. « J’suis pas pressée, Damien, on peut passer chez toi un moment, si tu veux. » « Les gosses y sont aujourd’hui. » « Ah, OK. Ils repartent quand chez ton ex ? » a-t-elle demandé. « 20 heures demain. » « Je passe à 20 h 01 ? » « Oui. J’aimerais bien, Coralie. »Je l’ai déposée et rentré. Surprise, mes deux emmerdeurs faisaient leurs devoirs. Camille a sauté de sa chaise et chopé un sac par terre. « Spaghettis bolognaise ? » a-t-elle demandé, sachant déjà. « Yep ! » « J’aide. » C’était notre truc. Elle adorait ma bolognaise, on en faisait tout un rituel. Elle gérait la logistique à la lettre. J’éminçais les tomates pendant qu’elle sortait le reste sur le plan de travail. Elle papotait sa journée pendant qu’on bossait. J’adorais ces moments avec elle. C’était la prunelle de mes yeux, la petite préférée de ma mère.Après dîner, j’ai décidé d’aller courir pour aérer ma tête. Grégory a voulu venir, j’ai pris mes crampons d’entraînement et deux ballons du sac de Bernard. On a roulé jusqu’au parc de Drancy et trouvé un terrain vide. Je me suis assis dans l’herbe et chaussé. Y avait un rituel, rodé sur vingt ans de crampons et de foot. Chaussure gauche d’abord, puis droite. Défaire presque tout les lacets, les tendre à chaque œillet, un dernier serrage, deux tours dans le sens horaire sous la semelle, nœud à côté de la voûte plantaire.

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