Résumé de cette Histoire :
Damien raconte Ă Adeline sa nuit passionnĂ©e avec Camille, une anthro phoque, lors d’un appel tĂ©lĂ©phonique animĂ©. EncouragĂ© par son amie zèbre, il retourne au Renard Joyeux Ă Marseille pour poursuivre sa quĂŞte de rencontres avec dix espèces anthros. Avec l’aide d’Adeline, il affronte ses apprĂ©hensions, tente d’aborder une raton laveuse espiègle et un duo reptilien, avant de se lancer auprès de Taina, une oiseau aux plumes colorĂ©es, dans une atmosphère de bar animĂ© et diverse.
Pourquoi cette histoire va vous captiver :
Plongez dans l’intimitĂ© d’une confidence tĂ©lĂ©phonique torride qui ravive les souvenirs sensuels, et suivez la tension grandissante d’un humain anxieux poussĂ© Ă l’action dans un bar anthro bondĂ©. Entre rires, Ă©checs drĂ´les et attirance naissante avec une rencontre ailĂ©e, l’histoire mĂŞle excitation, humour et vulnĂ©rabilitĂ© Ă©motionnelle pour une immersion addictive dans un univers mixte et sensuel.
Voici votre Histoire : La confidence intime et ardente d’une rencontre ailĂ©e
Quand j’ai appelé Adeline le lendemain de ma nuit avec Camille, elle était aux anges en apprenant la nouvelle. « Putain ! Qu’est-ce que je t’avais dit, champion ? Va là où tu kiffes. L’univers t’a filé un cadeau. » Son rire tonitruant a jailli dans les écouteurs, si fort que j’ai dû baisser le son. « Bordel. La fille aquatique, hein ? Glissante, j’imagine. C’était comment ? »Je rougissais sur mon canapé, la lumière de l’après-midi filtrant par les fenêtres. Ma bite remuait dans mon short au souvenir qui remontait. « Vraiment sympa. »« Sympa ? Pff. Réessaie. »« Génial. »J’ai entendu du bruit, un grognement à l’autre bout du fil, comme si elle venait de sauter sur son lit. « Putain, ouais, c’était génial. Raconte-moi. »« J’étais juste assis là . J’allais abandonner, tu sais. Tout ce truc, dix espèces à … »« Niquer », a-t-elle fini quand je me suis tu.« Ouais, à niquer. » Je détestais comment ça sonnait. Vulgaire. Comme un jeu. Mais c’était l’ancien moi qui pensait ça, le moi humain. Les anthros, si Adeline et Camille étaient des exemples, étaient bien moins prudes sur ces sujets. Adeline avait lancé l’idée de la quête, et Camille m’avait encouragé à continuer.« Mais là , cette fille phoque… Vraiment mignonne. Canon… » Je lui ai raconté l’histoire en détail. Comment Camille m’avait convaincu d’aller nager, comment ses amies avaient piqué ma serviette et elle m’avait invité chez elle pour s’excuser. Ses questions en rafale sur les humains, comment une chose en entraînant une autre, on s’était explorés, puis on avait baisé.Au milieu, un bruit bizarre. Il m’a fallu une seconde pour capter. « Tu te masturbes ? » ai-je demandé, incrédule.« Mhm », a-t-elle confirmé sans honte ni hésitation. « Continue, c’est chaud, mec. »Drôle. Camille et moi nous étions touchés en lui racontant ma nuit avec Adeline. Je me demandais si ça deviendrait une habitude – Adeline se doigtant pendant que je lui narrais ma dernière conquête. Non. Mauvais mot. Ma dernière… rencontre ? Raté aussi. Ma dernière baise. Autant être honnête sur ce que c’était. Et je ne pouvais nier que j’étais bien dur en revivant l’histoire.Donc, pendant que je finissais, on s’est tous les deux branlés, ce qui rendait le récit un peu plus compliqué, mais j’adorais entendre le léger bruit de succion de la chatte d’Adeline, et ça ne me dérangeait pas du tout.Une confidence torride au téléphone
« Ses nichons étaient comme de la soie. Juste… oh putain, divins. La façon dont elle les caressait, si doux et chauds et… »« Attends, les phoques ont du poil ? » a demandé Adeline.« Euh, ouais. » Je tenais ma bite en main, étalant un peu de prépuce autour du gland. « Tu savais pas ? »« Ben ouais, être anthro veut pas dire tout savoir », a-t-elle reniflé. « J’y avais jamais pensé. Et c’est doux ? »« Tellement doux. »« Ta bite a dû kiffer. »Je continuais de me branler en riant. « Putain oui. Et le gras ? Comme si ses nichons étaient moulés autour de moi. Et elle m’a sucé pendant qu’elle me pompait avec. »« Jalouse. J’ai les poils raides de zèbre. Mes branlettes espagnoles, c’est comme frotter ta bite avec une brosse. »« Tu dis ça comme si c’était un défaut », ai-je gloussé.« J’ai eu des plaintes », a-t-elle marmonné. « Mais continue. Ma petite chatte veut en savoir plus. »Je lui ai décrit la branlette espagnole en détail, la voix plus sensuelle, un peu plus grave, en ralentissant, en traînant les syllabes. Mon esprit se focalisait sur chaque son, me critiquait en direct, me reprochait sans cesse à quel point c’était con. Quand j’en suis arrivé au moment où j’ai explosé, comment Camille s’était laissée éclabousser, m’avait nettoyé et avait gardé mon sperme une heure de plus, Adeline a joui avec un hennissement sonore.Ma bite était ramollie d’ici là , les auto-critiques constantes et la concentration ayant tué l’excitation. Mais j’avais fait jouir Adeline, et j’en étais ravi.Après un moment pour reprendre son souffle, elle a demandé : « Alors, la prochaine, c’est quand ? »« La prochaine quoi ? »« La prochaine quoi », a-t-elle soufflé. « Mec, tu comptes sortir quand pour choper ta suivante ? »Bonne question. Je n’y avais même pas pensé. La plus grande partie de la journée après avoir quitté Camille avait servi à rembobiner la scène en boucle, à me branler deux fois sur l’image mentale de ma éjac’, et à stresser pour raconter à Adeline. Sans raison précise, juste une anxiété générale qui s’alimentait elle-même en me rappelant à quel point c’était con de stresser.« J’sais pas », ai-je admis.« Allez, t’es en veine. Deux anthros sexy en une semaine ! Maintiens l’élan. L’inertie va juste tout compliquer. Frappe le fer tant qu’il est chaud. Des conneries du genre. »J’avais presque oublié son passé de thérapeute. Son style était plus direct que la moyenne, mais elle n’avait pas tort. J’étais du genre à stopper net un bon truc au moindre doute, rejet ou temps mort. C’était flippant à quel point elle lisait en moi. Le conseil était général, certes. Mais pile poil dans le mille.« Tu veux de l’aide ? » a-t-elle demandé après un silence, la voix plus douce.« De l’aide comment ? » J’ai essayé de cacher mon soulagement immense qu’elle propose quoi que ce soit. En partant de chez Camille, je me sentais gonflé à bloc, genre la quête des dix anthros était faisable. Le lendemain, moins sûr. L’anxiété avait repris ses droits, comme d’hab, avec ses voix qui minaient ma confiance gagnée au hookup réussi.Ce qui m’a mené au samedi, devant mon ennemi et lieu de renaissance, avec pas mal d’appréhension. Le Renard Joyeux, l’un des grands bars anthros de Marseille, était blindé, le bruit débordant par la porte sur les rues du Vieux-Port.La première fois que j’étais venu, j’avais rencontré Adeline, qui avait secoué ma vie avec un plan cul intense et déstabilisant. La deuxième, après qu’elle m’eut proposé de baiser dix espèces différentes pour me faire une idée de la vie – et de l’amour – avec les anthros, je m’étais saoulé et réveillé chez moi avec une gueule de bois carabinée, trop anxieux pour aborder qui que ce soit. Du moins dont je me souvenais. Peut-être que j’avais dragué toutes les nanas et me m’étais pris des râteaux magistraux.Adeline m’a donné un petit coup de sabot. « Allez, Damien. C’est facile. Tu bouges les pieds, et t’es dedans ! »Je l’ai fusillée du regard, son museau arborant un sourire narquois, sa crinière noir et blanc hérissée sur la tête. Elle a fourré les mains dans les poches de sa veste et a hoché la tête vers la porte. C’était bizarre, la première anthro avec qui j’avais couché m’aidait maintenant à choper la troisième.Comme je ne bougeais pas, elle a avancé d’un pas et m’a donné un coup de sabot ferme derrière le mollet. « Aïe ! »« J’ai dit bouge, Damien », a-t-elle grogné.« Pas étonnant que t’aies plus thérapeute », ai-je marmonné en entrant dans le bar.Le bruit a monté d’un cran. Une musique basse et chill sous-tendait les voix des anthros qui papotaient, riaient – cris, hurlements, hennissements divers se mêlant au tout.Adeline m’a passé un bras autour des épaules et m’a mené au bar. Elle s’est posée sur un tabouret sans dossier à côté de moi et a fait signe au barman. Pas le lama – ou alpaga – de la première fois, mais un hibou en gilet blanc qui a jeté un torchon sur son épaule en approchant. Il s’est penché sur le comptoir, dos à moitié tourné vers moi.« Salut, Adeline, quoi de neuf ? »« Personne dit ça, Léon. » Adeline a tapé sur le bar. « Mane Attraction pour moi. »La tête de Léon a pivoté vers moi, le corps immobile, le cou tourné au-delà de ce qu’un humain supporterait. Vaguement flippant. « Euh, pareil ? »« Il est avec toi ? » a demandé le barman sans me lâcher des yeux.« Ouais. J’ai un pet humanin. Il fait des tours, hein, humanin ? » Adeline m’a souri, ses dents plates équines luisant sous les lumières chaudes.Je l’ai fixée jusqu’à ce qu’elle et Léon éclatent de rire. « Je vous sers ça », a gloussé l’hibou.« Drôle », ai-je dit à Adeline une fois l’oiseau parti. « Très drôle. »« Ouais, hein ? » Elle a pivoté sur son tabouret et a scruté la salle. « Quelque chose te branche pour… Mec, faut regarder si tu veux choisir. »Elle m’a chopé l’épaule et tourné de force vers la mer d’anthros assis partout. Je ne m’étais pas senti aussi dépaysé depuis longtemps. Même la dernière fois, seul, j’avais surtout eu les jetons. Là , avec Adeline qui me poussait, me forçant à désigner des anthros… J’étais clairement pas dans mon élément.J’ai quand même joué le jeu, pour éviter un autre coup de sabot. Tellement de monde, pas un seul humain – encore le seul humanin au milieu du troupeau – je ne savais pas par où commencer. J’ai balayé du regard de gauche à droite, facile.Premiers pas au Renard Joyeux
Ă€ l’extrĂ©mitĂ© du Renard Joyeux, un groupe de coyotes. Tous des mecs, scotchĂ©s Ă la tĂ©lĂ©, hurlant sur le match de basket. Près d’eux, une fiertĂ© de lions, mâles et femelles, tous en couple. Puis quelques araignĂ©es. Un mĂ©lange d’anthros aquatiques – ça me rappelait Camille. D’autres groupes, diversitĂ© d’espèces, mais tous ensemble. Pas de bonnes… cibles. J’ai tiquĂ© rien qu’à penser le mot.J’avais jamais Ă©tĂ© le genre Ă mater une nana en me disant, ou en lâchant Ă quelqu’un : « Putain, je la taperais bien. Elle est bonne ! » Enfin, pas Ă le penser et vraiment envisager de passer Ă l’acte.LĂ©on est revenu avec nos verres, on a payĂ©, et j’ai repris mon scan en sirotant. Tequila, orange, citron vert : ça rĂ©chauffait l’estomac, dĂ©tendait les Ă©paules.Après le rez-de-chaussĂ©e, j’ai rĂ©alisĂ© le gâchis de temps. Tout le monde Ă©tait accompagnĂ©, pourquoi chercher aux tables et boxes ? J’ai donc regardĂ© au-delĂ d’Adeline, Ă quelques tabourets de la porte.Une raton laveuse seule, deux places plus loin. Crop top noir sans manches, jeans noirs taille haute, petite sacoche en bandoulière sur sa poitrine gĂ©nĂ©reuse. Sa queue annelĂ©e crème et noir enroulĂ©e autour de ses hanches larges, son pelage duveteux lui donnant une silhouette courbĂ©e, câline, voluptueuse. Une pinte de bière noire Ă une main, elle scrollait son tĂ©lĂ©phone de l’autre, l’air ennuyĂ©e.« Putain, mec », a chuchotĂ© Adeline. « Ta phoque avait des nichons comme ça ? »J’ai raclĂ© ma gorge, le visage en feu. « Ă€ peu près. »« Ben ? Tu attends quoi ? Elle est seule. Elle a besoin d’un Ă©talon. » Elle m’a tirĂ© le bras. « Aborde-la. »« Je dis quoi ? » ai-je sifflĂ© en me levant, en traĂ®nant les pieds vers la raton laveuse.« Sois drĂ´le ? Spirituel ? Humanin gauche ? Putain si je sais. »« Sympa. »Avec un soupir, je me suis approchĂ© et assis Ă cĂ´tĂ© d’elle. Son regard a glissĂ© vers moi une seconde, yeux noirs luisants dans le masque de fourrure.« Salut. »« Quoi d’neuf, humanin ? » Elle a arrĂŞtĂ© de scroller, mais sa queue s’est dĂ©roulĂ©e, fouettant derrière elle.« Tu bois quoi ? » Ça faisait un bon point de dĂ©part le temps que mon cerveau trouve comment avoir l’air intĂ©ressant et pas du tout mort de stress.« Stout au chocolat. » Elle a posĂ© son tĂ©lĂ©phone, s’est tournĂ©e vers moi, le nez frĂ©missant en m’examinant. « Alors, quoi d’neuf ? »« Oh, tu sais, j’ai pensĂ© que j’allais, euh, te parler ? » Je m’en voulais de l’avoir dit comme une question.« On parle. » Elle s’est penchĂ©e, a chuchotĂ© : « On parle de quoi ? » Sa queue a caressĂ© ma jambe pendant qu’elle se rapprochait, sa main effleurant mon genou avant qu’elle recule et reprenne son tĂ©lĂ©phone, l’air soudain dĂ©sintĂ©ressĂ©e.« Toi, euh, j’aime ton outfit. » Au moins, pas en question cette fois. Mais ses signaux Ă©taient hyper contradictoires, et franchement, j’étais nul Ă ce jeu, alors je faisais pas mieux.« Écoute, humanin, balance direct oĂą ça va, hmm ? » Une pointe d’agacement dans sa voix, mais amusĂ©e, en se tournant vers moi pour siroter sa bière. « Tu te demandes si je suis DTF ? »Avant que je rĂ©ponde, elle a tendu la patte pour me faire taire. « Ton jeu de drague est pourri, humanin. Game over. Weo-weo-weo-whah-whah », a-t-elle fait, imitant le bruit de mort de Pac-Man. « Reviens quand t’as plus de quarters. »Putain. Brutal, mais drĂ´le. Combo fatal pour mon ego.« Bon, euh, ravi de t’avoir rencontrĂ©e. »« J’en doute pas. »Je suis retournĂ© vers Adeline, qui planquait mĂŞme pas son sourire. « J’vais pas mentir, c’était putain de drĂ´le. Faut que je retienne ça. »« Hilare. »« T’as encore ton portefeuille ? »« Wow. Genre, parce que c’est une raton laveuse, elle vole ? C’est pas… » J’ai tapotĂ© ma poche de jean, puis expirĂ© longuement. « Une seconde. »Je suis retournĂ© vers la raton laveuse, qui planquait un Ă©norme sourire en faisant semblant de pas me voir. « Tu peux me rendre mon portefeuille ? » ai-je demandĂ©, mâchoire serrĂ©e.D’un geste vif du poignet, elle l’a sorti de son sac et l’a balancĂ© sur le bar. « Trop facile, humanin, trop facile. J’allais te le rendre, hein. Ciao », a-t-elle ajoutĂ© en me chassant de la patte.J’ai vĂ©rifiĂ© tĂ©lĂ©phone et clĂ©s avant de me rasseoir, au cas oĂą. Tout y Ă©tait.« Tu la connais, hein ? » ai-je accusĂ© Adeline.« Pas du tout. » Elle m’a tapotĂ© l’épaule. « Fiers de toi d’avoir essayĂ©, Damien. Allez, voyons ce qu’on a d’autre ce soir. »J’ai regardĂ© de l’autre cĂ´tĂ©, le museau d’Adeline près de mon oreille pendant que j’examinais le long bar. Quelques sièges plus loin, un gros lĂ©zard discutait avec une boa, sa queue enroulĂ©e sous elle, son cul calĂ© contre le tabouret tandis qu’elle remuait une petite ombrelle dans son verre, riant doucement Ă ce qu’il disait.« Et elle ? » a demandĂ© Adeline, pointant pas du tout subtilement la lamia.« J’me bats pas contre un dragon de Komodo », ai-je dit.« Pff. LĂ©zard monitor, max. Il fait ta taille. Tu le mets KO easy », a-t-elle taquinĂ©. « T’as pas envie de te faire enrouler dans un sssssexy ssserpent ? »Le monitor et la boa se sont tournĂ©s vers nous. J’ai dĂ©tournĂ© les yeux, sirotĂ© mon verre, le visage en feu.« HĂ© ! » a lancĂ© Adeline gaiement en leur faisant signe. « Ça va ? »Ils se sont dĂ©tournĂ©s, et Adeline m’a donnĂ© un coup de poing dans le bras. J’ai tiquĂ©. « AĂŻe. ArrĂŞte de me frapper. »« ArrĂŞte d’être un petit garçon. » Elle m’a tournĂ© vers le reste du bar. « Quelque chose te plaĂ®t ? »J’ai jouĂ© le jeu, jetĂ© un Ĺ“il au-delĂ des squames. Une colombe et une fille oiseau aux couleurs vives Ă©taient serrĂ©es, fixĂ©es sur des papiers. Je les entendais parler sans capter les mots. La colombe a ramassĂ© les feuilles, claquĂ© des billets et s’est barrĂ©e furieuse. L’autre oiseau a soupirĂ©, sirotĂ© son verre, puis regardĂ© vers nous. Elle a inclinĂ© la tĂŞte, agitĂ© la patte.J’ai vu que ses bras Ă©taient aussi ses ailes, avec un ergot en forme de main Ă l’extrĂ©mitĂ©.« Jolie », a chuchotĂ© Adeline. « Va lui dire coucou. »« J’sais pas… »Des mains fermes m’ont poussĂ© du tabouret. J’ai trĂ©buchĂ© en avant, frĂ´lant presque le monitor, qui m’a fusillĂ© du regard.« T’es perdu, humanin ? » a ricanĂ© le serpent.« T’as oubliĂ© comment marcher ? »Dans ma tĂŞte, la rĂ©plique spirituelle : « Au moins, j’ai des pieds. » Mes filtres ont hurlĂ© non, et j’ai fermĂ© ma gueule. Toujours comme ça : des vannes parfaites en tĂŞte, mais trop peur des retours pour les lâcher.« Au moins il a des pieds », a criĂ© Adeline.Eh ben, si j’avais besoin d’un coup de pouce pour aller Ă l’oiseau, c’était de fuir les squames sur le point de dĂ©foncer Adeline. En me dĂ©pĂŞchant, le boa et le lĂ©zard ont Ă©clatĂ© de rire.« Bouffe du foin, rayures ! »« Viens Ă mon hangar ? J’ai un problème de souris. Vous deux, pile poil. »J’avais l’impression que si j’avais dit ça, ça aurait dĂ©gĂ©nĂ©rĂ© grave. Les anthros qui se chambrent entre eux, OK. Un humain qui taquine des anthros, autre paire de manches. Mon espèce avait chambrĂ©, opprimĂ©, rabaissĂ© et marginalisĂ© les non-humains depuis des siècles, voire des millĂ©naires, des dizaines de milliers d’annĂ©es peut-ĂŞtre. Pas si loin, un anthro qui dĂ©rapait se faisait lyncher pour un pet de travers près d’un humain.Ă€ Marseille, c’était cool, on avait une des plus grosses populations anthros du pays – hyper diverse, intĂ©grĂ©e, personne ne sourcille si le serveur est un chat ou le comptable un chimp. Ailleurs en France, et dans plein de pays, c’était diffĂ©rent. SĂ©grĂ©gation, lois dĂ©guisĂ©es pour bloquer l’égalitĂ©, diabolisation. Dans certains pays, on pouvait buter des anthros lĂ©galement pour un prĂ©texte religieux. Dieu a fait l’homme pour dominer les animaux, disaient-ils, et les anthros valaient pas mieux que les ferals. Il y avait des rumeurs – j’espĂ©rais que des rumeurs – de coins oĂą on tuait et bouffait des anthros avec le mĂŞme argument.Pas que j’aie un problème avec les burgers. MĂŞme si depuis Adeline, la viande semblait un peu plus… chelou. Mais bon, les vaches ferales, c’étaient pas des minotaures. Pas conscientes – pas comme ça. Pourquoi je pensais à ça maintenant ? Ah oui, pour me distraire de la conversation super gĂŞnante avec la fille oiseau qui me regardait approcher en sirotant son verre.« Salut », ai-je dit en m’asseyant Ă cĂ´tĂ© d’elle. J’ai rĂ©sistĂ© Ă l’envie de regarder Adeline. Pas question de laisser voir que c’était elle la raison.« Oi », a-t-elle rĂ©pondu avec un lĂ©ger accent. Vaguement espagnol, mais pas comme celui des douze ans que j’avais passĂ©s ici. Probablement sud de l’Espagne, mais au-delĂ , pure supposition. Et pas de « hola » comme j’avais l’habitude.« J’pensais pas que tu viendrais, franchement. » Elle a plissĂ© les yeux derrière moi. « Ta pote a l’air contente, par contre. »Je me suis tournĂ© : Adeline fixait droit devant, sirotait son verre, très ostensiblement pas vers nous. La fille oiseau a pĂ©pĂ©, un son aigu montant en une sĂ©rie de rires mignons et gazouillants.« J’crois qu’elle est timide, nĂ© ? »« Timide, pas du tout », ai-je reniflĂ©. DĂ©jĂ , mille fois mieux que la raton laveuse.En me retournant, j’ai bien matĂ©. Petite, plumes vives presque nĂ©on vert du front Ă son bec, descendant aux joues. Gorge en plumes bleu-violet virant Ă un bleu bĂ©bĂ© Ă©clatant du haut de la poitrine jusqu’aux profondeurs de sa robe Ă fleurs – vert pâle avec des motifs colorĂ©s. Le dos de la robe relevĂ©, longues plumes de queue noires pointĂ©es vers le sol. Ses bras couverts de plumes plus longues, noires comme la nuit, idem sur le haut et cĂ´tĂ©s de la tĂŞte, partout sauf les Ă©clats de couleur. Bec noir luisant, court, partie supĂ©rieure doucement courbĂ©e finissant en pointe un peu aiguisĂ©e. Yeux en anneaux jaunes autour de grosses pupilles noires. Silhouette fine, courbes subtiles, vibe de danseuse lĂ©gère et Ă©lancĂ©e. Ou, j’ai rĂ©alisĂ©, comme un oiseau. LĂ©gère et fuselĂ©e.La peau autour de son bec s’est plissĂ©e en lĂ©ger sourire, yeux plissĂ©s. « Moi c’est Taina », a-t-elle dit, en marquant Tie-nah. Elle a tendu son ergot paume vers le bas, comme une reine attendant le baiser de l’anneau.« EnchantĂ© », ai-je rĂ©pondu en prenant sa main.Putain, quel con. Adeline a Ă©clatĂ© de rire. Quand je l’ai fusillĂ©e du regard, elle fixait ailleurs, Ă©paules secouĂ©es, hennissant doucement pour se retenir – une oreille tournĂ©e vers nous.Découvrez toutes nos histoires de monstres et créatures dans notre bibliothèque érotique gratuite.
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